24 heures du Mans Moto 2008

avec

Première prise de contact - 17 mars

C'est sur le circuit de Poitiers le Vigeant que je prends contact à la fois avec le team Fast endurance et avec les deux machines avec lesquelles nous nous engageons dans la première manche du Championat du Monde d'Endurance. La météo est vraiment nulle : pluie, brouillard, séchant, ... comme disait mon ami Gaëtan Di Pietro, une météo "mouilanchée" (mouillé-séchant/séchant-mouillé).

J'ai malgré tout l'occasion de découvrir les aménagements du tracé du vigeant et de me familiariser avec les Yamaha R1 du team Fast Endurance. Naturellement, la chasse aux chrono n'est pas d'actualité, mais cette journée se termine avec une piste presque praticable, juste histoire de monter légèrement le rythme et de se rendre compte de la puissance disponible sur ces machines.

Premiers essais pré-Le Mans - 3 avril

Météo timidement brumeuse ce jeudi 3 avril. Heureusement le reste de la journée s'améliore. Laurent Yvin, François Retailleau, Emilien Humeau et moi nous nous retrouvons dans le Box 37 du circuit Bugati, accompagné de fred, le team Manager et 2 des mécanos du team. L'objectif est de finaliser les settings de la machine de qualification, une R1 2007 équipée d'un ensemble Electronique + Ligne d'échappement Yeck

Reportage quotidien de l'aventure des 24 heures du Mans 2008

Le Lundi 14 Avril

Et bien me voici arrivé sur un circuit dont le paddock est déjà totalement en effervescence. Le nombre de semi-remorques de toutes nationalités est impressionnant. Les espaces derrière les box se comptent au centimètre près. Le team Fast Endurance a pris possession de son Box N° 37. La semi bien "tankée" derrière le Box est prête à nous accueillir pour ce qui sera sans doute une semaine bien remplie, avec ses intensités sportives, ses galères, ses humeurs, bref, le cocktail qui va bien.

En complément, un camp retranché situé sur le paddock supérieur accueille une "hospitality" plutôt bien organisée par les nombreux membres du team : réfectoire, cuisine, logements (caravanes, fourgonnettes et camping-cars). C'est avec délice que je me suis joins aux quelques courageux déjà arrivé pour un premier dîner-traiteur plutôt de bonne facture (Paëlla mama !  ...)

Le paddock à l'arrière des box .... que du beau matos ! ! sous la brume matinale !

Pour ma part, j'ai choisi le confort et je vous écris ces quelques lignes depuis une chambre chez l'habitant douillette comme tout, genre ma chambre d'étudiant d'il y ... euh .. beaucoup trop longtemps, je ne sais plus.

Sur le paddock ce soir, j'ai pu croiser quelques grands noms du monde de la vitesse et certaines connaissances comme Stéphane Molinier du team 18 avec qui j'ai eu l'occasion de croiser le fer bien des fois lors des précédentes saisons en Protwin.

Bon, demain matin on met tout en ordre et on se prépare pour les premiers roulages de l'après-midi.

Il semble d'ailleurs que les démultiplications que nous avions choisies lors de nos précédents essais ici il y a 15 jours n'étaient pas les bonnes après moult calculs et comparaisons. Du coup, demain, nous Notre box en pleine effervescence mécanique ... allons valider une nouvelle démultiplication : pignon 15 dents, couronne 45 dents en lieu et place d'une combinaison plus "Longue" 16 x 46 que nous avions lors de notre précédent roulage. L'objectif étant de trouver une combinaison qui permette d'optimiser l'usage des rapports de boite à la fois pour disposer de plus de puissance en sortie de virage et d'exploiter au maximum le 6ème rapport dans la longue ligne droite dite "du Dunlop". Avant le freinage sur l'angle au bout dfe ce truc de Ouf, on doit être à près de 280 km/h, faut pas molir ! ! !

Le Mardi 15 Avril

Et bien la quasi totalité du team nous a rejoint sur le paddock du circuit Bugatti. A 14h00 je m'élance pour une première séance d'essais libre. Malheureusement, nous La Yamaha R1 N° 94 du team GMT 94 de Christophe Cuyot ! que du beau matériel ! n'avons pas eu la possibilité de monter le shifter, par contre nous avons adopté la bonne démultiplication qui, semble-t-il fait son effet. Assez rapidement, au 4ème tour, je réalise mon meilleur chrono de notre dernier roulage ici il y a 15 jours (1'47''9). Je tente d'améliorer un peu mais en vain. La ducati N° 98 sponsorisé par le pétrolier Américain "Gulf"... aux couleurs bizarrement Oranges ! Cette séance a d'ailleurs été pour moi l'occasion de me faire gentiment punir par une des motos du SERT.... c'est simple : ils arrivent plus vite et mieux dans les courbes, et ils ré accélèrent plus tôt et plus fort que moi. C'est simple, et c'est beau. Il me suffit de faire pareil maintenant ... sans m'en coller une !

 

Dans la matinée, j'ai pu me balader de box en box, notamment visiter celui du GMT 94 qui, comme par hasard est situé à l'extrême opposé des Box du SERT (Suzuki Endurance Racing Team), le team Officiel suzuki, multiple champion du monde d'endurance.  J'ai aussi rendu visite à mes amis de cœur : le team 98 de Zone rouge qui vont tenter d'emmener une Ducati 1098 R au sommet de cette épreuve de 24 heures pilotée par Frédéric Protat, Thierry Mulot et Aurélien Bantigny.

Notre machine aux couleur du team Fast Endurance, arborant le N° 85 ...

Bon, j'allais oublier de vous présenter notre monture pour les qualifs : une bien belle Yamaha R1 dont on peut dire que la préparation moteur est plutôt efficace, et sur laquelle il ne reste plus grand chose à faire avent d'avoir un bon outil.

Pour l'anecdote, la nouvelle démultiplication que nous avons adoptée se montre efficace dans la plupart des portions du circuit, mais l'endroit où elle s'avère le plus impressionnant est résolument la courbe "dunlop" à l'extrémité de la ligne droite des stands. Imaginez, à Fond de 6ème, aux alentours de 280 Km/h, on aborde un virage à droite où il faut à la fois tomber un rapport, freiner, viser le point de corde et se préparer à tomber à environ 60 Km en à peu près 50 mètres ! Truc de malade, mais tellement cool ! ! !

 

 

 

 

Mercredi 16 Avril

Journée assez rocambolesque au mans pour le team Fast Endurance. Tout d'abord, nous commençons par une séance d'essais libres dès 9h00 du matin pour 1h30. Nous décidons de faire rouler Emilien Humeau dans un premier temps, Tente de COntrole Technique de la FIMsuivi de Francois Retailleau, en suite de quoi je réalise ma séance et enfin, Laurent Yvin devait prendre la machine pour terminer cette séance. Il n'en fera rien le malchanceux car, à peine rentré au box à l'issue de ma partie de séance, Mesure des d&cibels au sonomètre. Maximum autorisé à 6000 tr/mn environ 92 Dble radiateur d'eau fuit généreusement sur le pneu avant d'un petit filet bien net d'eau bouillante. Un cailloux est venu percuter une des alvéoles du radiateur et l'a percé. Laurent est donc une fois encore (une autre panne l'avait déjà privé d'une séance d'essai lors de notre roulage d'il y a 15 jours ici même) frustré de na pas pouvoir pratiquer cette piste glaciale du bugatti. La bonne chose, cependant c'est qu'Emilien et mli avons réussi à améliorer nos chronos avec une température proche de 3 degrés et un train de pneu qui cumulait déjà près de 1h30 de roulage. Emilien réalise son meilleur tour en 1'38''4 et moi 1'37''1. Reste plus qu'à descendre de 2,5 secondes pour être aL'enfilade des différents postes de controle technique FIMu bon niveau !

Le reste de la journée a été consacrée à réparer ce radiateur et à finaliser les préparations des 2 machines pour les présenter au contrôle technique. Mission que nous n'avons vraiment pas très bien réalisé Notre machine de qualification en plein soin mécanique ...puisque, à 18h00, nous présentons une première moto qui est relevée avec un défaut de cablage du faisceau Electrique de commande des lumières de secours et de roulage de nuit et la deuxième encore moins prête avait un réservoir non terminé et des carénages non fixés. Le team au grand complet est au travail ce soir pour terminer ces préparatifs de sorte que dès demain matin 8h00, les deux motos seront présentées au contrôle technique pour être acceptées définitivement.

Allez, demain c'est les qualifs sous la pluie à 16h00, puis dans la nuit ! .... 

 

 

Jeudi 17 Avril

Bon, et bien nous pensions que nous qualifier serait difficile au vue des essais pré-Mans et des séances d'essai libres. En fait, nous nous méprenions : c'est hyper difficile ! ! surtout lorsque que les conditions météo alternent entre mouillé, séchant, sec et trempé.

Pit Lane lors de la première séance qualifNotre box durant la première séance qualifPit Lane durant la séance Qualif N° 1
   

En début de journée, avant le début des séances qualificatives, nous nous rendons à la direction de course pour faire enregistrer les changements de pilotes que nous avons collégialement décidés à l'issue des séances libres : François Retailleau souffrant d'une sinusite carabinée passe 4ème pilote et Emilien Humeau passe 1er Pilote. 

Ceci fait, nous nous préparons pour les séances qualifs où Emilien s'élancera en premier.  Emilien qui  réalise une très belle perf d'ailleurs puisque son meilleur chrono est de 1'46''594. Seulement, le niveau des pilotes N°1 est tel que ce bon chrono place Emilien en 60ème position ! ! La pole provisoire à ce stade tourne autour de 1'38''xxx et des poussières. >Voilà pourquoi on se dit que ça va être assez difficile. D'autant qu'assez rapidement les nuages arrivent pour la fête et commencent à donner de vrais signes menaçants.

Laurent Yvin s'élance à son tour pour sa séance qualif des Pilote N° 2: Son Chrono de 1'48'' est plutôt convenable dans la mesure où les premières gouttes de pluie tombent sur la piste. Ce chrono le positionne d'ailleurs en 58ème position.

Je suis prêt à faire feu pour ma séance qualif ! ! Vient en suite mon tour de partir pour ma séance, mais cette fois les gouttes sont bien plus abondantes, mais il ne pleut pas suffisamment pour chausser des pneus pluie. Nous décidons donc de chausser des pneus mixtes genre "Pilote Power" pour essayer de faire quelque chose. En même temps, je suis perplexe car bon nombre des pilotes que je vois passer pour démarrer la séance partent en pneus Slick. Autant dire que ça ne m'inspire pas des masses. Je parts un peu crispé, mais cette monte de pneus donne plutôt confiance, j'arrive à accrocher un chrono de 1'48'', puis j'ai le sentiment, en milieu de séance, que la pluie a diminué et je m'arrête au stand pour monter un pneu slick arrière. C'est juste ce qu'il me fallait pour faire un tour aussi rapide que possible. Je me bagarre d'ailleurs avec un pilote Kawazaki du team Normandurance, et au final je réalise mon meilleur chrono en 1'47''3, ce qui me place en 49ème position dans ma série.

Francois parts à son tour pour une séance qualif, pilotes N° 4, mais la pluie se remet à tomber et la piste devient impraticable et François ne bouclera pas la totalité de la séance.

Bref, au final de tout ça, le cumul de nos chronos nous place en 58ème position au terme de cette première séance qualificative. Sur la base de ce classement provisoire, nous ne sommes pas qualifiés puisque seul 56 équipages prendront le départ Samedi à 15h00.

Inutile de dire, donc, que la seconde séance qualificative de demain sera capitale ! !

Vendredi 18 Avril

Et bien, voilà qui est fait, nous avons réussi à qualifier cette moto N° 85 ! ! bons sang que c'était difficile.  Seules 8 secondes séparent le premier équipage qualifié et le dernier à savoir : nous !  oui, nous avons réalisé une moyenne de nos meilleurs chronos en 1'46'', ce qui nous plaçait 56ème équipage, lorsque l'épreuve se dispute à 56 équipages... autant dire que ce fut juste. D'autant que nos poursuivants réalisent un meilleur chrono moyen plus long que nous d'un dixième de seconde. En même temps, l'équipage classé 55 est, lui plus rapide en moyenne que nous de 1 dixième de secondes.

Pit lane lors de la visite des stands du publicPit Lane lors de la visite des stands du publicPit lane encore

Bref, la morale, c'est qu'une manche du championnat du monde, ça se mérite  ! !

La bonne chose là dedans, c'est que l'enjeu m'a repoussé dans mes "meilleurs" retranchements puisque ce matin lors de notre seconde séance d'essais qualificatifs, après que notre premier pilote a réalisé un chrono en 1'46'', que notre deuxième pilote a lui aussi réalisé un meilleur chrono en 1'46'', j'ai réussi à pulvériser mon propre records de ce circuit de 1'45''7 en juillet dernier, en 1'44''8. Du coup, hop, nous voilà à jouer dans la cours des grands.

Une fois cette qualification confirmée à 15h00, nous nous sommes livrés à une agréable après midi de visite des stands du public et de dédicace de nos poster "team Fast Endurance #85". Cool !  Une interview rapide de Bruno le commentateur descendu dans l'arène pour l'exercice et une interview d'une Etudiante en journalisme qui prépare un papier pour la presse Nantaise je crois.

La moto en expo lors de la visite des stands du publicCette Yamaha R1 avec laquelle j'ai pu réaliser un chrono de Qualif comme jamais je n'avais réussi à le faire !

L'autre bonne chose, c'est que nos nombreux admirateurs sportifs n'aurons aucun mal à nous repérer sur Eurosport lors de la retransmission en direct su départ, nous seront tout à la fin. Facile non ?

Bon, demain, Warm-up à 10h00 et procédure de départ à 14h30 pour un départ de l'épreuve à 15h00, let's go ! !

Samedi / Dimanche : La course

Et bien nous y voilà ! c'est le grand jour. Les mécanos de l'équipe ont œuvré encore très tard dans la nuit pour préparer la moto que nous allons faire souffrir 24 heures durant. Il est 9h00, j'arrive dans le Box, la machine est prête, pimpante, la course de la "Michelin Cup" fait rage sur la piste encore bien trempée. Le temps de faire le point sur les préparatifs de la course et hop, je passe mon équipement pour le Warm-Up qui durera 45 minutes, le temps à chacun des pilotes de se mettre en jambe sur la machine de course. .

Départ façon "Le mans" vu de la fin de ligne. Le dernier, c'est bien moi  ! ! Départ vu de loin ..Départ vu de la tête de la course

10h00 sonne, je parts pour un warm-up de 15 minutes et très vite je me rends compte d'un sérieux soucis sur la cartographie Moteur de cette deuxième Yamaha R1. Le moteur est totalement creux jusqu'à 11 000 tr/mn, puis la cavalerie déboule de 11 000 tr/mn à 14 000 tr/mn, en arrivant en zone rouge ! Je fais quelques tours ainsi pour me rendre compte de l'impact sur le rythme et rentre illico pour faire part de ce gros handicap à l'équipe de mécanos. C'est un peu la consternation et les interrogation fusent. On passera le reste du Warm-up à faire des essais de changement de Mapping sans trouver comment régler le problème ! Ca part mal ! !

14h15 : c'est le début de la procédure de départ. Une dernière tentative de changement de Mapping fait depuis un ordi portable directement connecté au faisceau Electrique  nous laisse l'espoir d'une amélioration dans la gestion de l'injection.

Frédéric Bricault, notre team Manager m'ayant proposé de prendre le départ, j'enfourche la machine pour le tour de reconnaissance qui amène les 56 montures sur la ligne droite des stands. Une révolution plus tard, je trouve aisément mon emplacement ... c'est le dernier ! !

Laurent sous la pluie ...Francois à la chasse ! Ah, c'est sec, on peut en mettre ! !

procédure de départ Drapeau Vert pour les deux tours de chauffe et go, on traverse la piste en courant comme le veut la tradition, j'enfourche la mob maintenue par Sophie La mécano de l'équipe, la Yam démarre au Quart et roule ma poule, c'est parti ! J'adore cet instant. Y a tout la bonne tension positive, mais chacun sait que ça n'est que l'ébauche, et que dans 2 tours, on recommencera, et cette fois pour de vrai ... et pour 24h00 !

Deux tours après, je retrouve la petite Sophie et mon plot d'identification de l'emplacement de la machine N° 85 et m'en retourne de l'autre côté de la piste non sans avoir vérifié que le premier rapport était bien passé, que le contact général était bien sur ON et confirmé la procédure du contacteur secondaire avec Sophie.

Panneau 1 minute ..... Miam !

Panneau 30 seconde ... re Miam !

Drapeau National brandi par le directeur de course qui travers la piste à toutes enjambées... à l'assaut ! ! ! je travers la piste avec 55 de mes camarades de jeux comme un taré, me jette sur la meule, main gauche en premier sur l'embrayage alors que la droite se jette déjà sur le contacteur du démarreur... teufteufteuf... sheat, ça démarre pas, re-bouton teuf et ça démarre. Argh, déjà 20 mètres dans la vue ... pas cool !  Pas grave, j'ouvre en grand, le moteur prend tout son temps pour monter en régime, exactement comme ce qu'on a découvert le matin même lors du Warm-up et une fois les 11 000 tours accrochés, la cavalerie débarque et j'envoie les rapports un à un dans la foulée grâce au shifter réglé aux petits oignons. Très vite, je remonte la meute qui est déjà en train de se vautrer gentiment dans le bac à gravier pour certains, dans l'herbe pour d'autres, quelques-uns coupent le fromage sur le vibreur intérieur. Moi qui arrive un peu quand la messe est dite, je n'ai aucun mal à me frayer un chemin dans ce que j'imagine être un vacarme assourdissant (et oui, depuis ce week-end j'ai adopté les bouchons d'oreille pour piloter ... pour le confort et l'efficacité mentale) dans le pif-paf dunlop. Dès le virage suivant (dit virage de la chapelle) le chapelet de moto commence à s'étendre, ça joue encore un peu des coudes, machines couchées à 55% d'angle dans ce long droit, mais ça passe et à partir de cet instant, tout le monde se retrouve dans son élément. Gaz en grand sur 200m, freinage de trappeur pour le virage gauche du Musée et ainsi de suite ... pour un premier relais d'une heure.

 

Très vite, je me rend compte qu'on ne sera jamais compétitif avec cette injection moteur et regrette de ne pouvoir me mêler aux baston en sortie de virages. Bon, et bien il faudra faire avec. Au fil des tours, j'adapte mon pilotage en anticipant la ré accélération un peu avant le point de corde de chaque virage, en estimant que le bon régime arrivera juste au moment ou je commencerai à redresser la machine pour une franche accélération. C'est pas idéal, mais faut faire avec. Le gros inconvénient, c'est que je me fais littéralement déposer à chaque sortie de virage par la grande majorité des concurrents.

10 minutes plus tard et quelques révolutions achevées, voilà les gouttes de pluie ! je poursuis en attendant de voir si ça s'aggrave. Au bout de quelques tours, les pneus slick ne tiennent plus et mon team me panneaute pour rentrer au box changer les pneus pour un train de Pneus pluie. Sitôt indiqué sitôt fait, et je repars chaussé comme il se doit. Un tour plus tard, je me prends ma première gamelle... comme un débutant ! quel con ! à la sortie de pif-paf du "chemin aux bœufs, je remets un peut trop de gaz alors que les pneus ne sont pas encore en température et me voila en train de glisser sur le bitume agrippé au guidon de la moto qui s'engage en même temps que moi dans l'herbe et la terre trempée à l'extérieur de la piste. Bons sang je m'en veux, moi qui habituellement cartonne plutôt bien sur le mouillé ! !  Bon, pas trop mal sur l'instant, je relève la machine fait un rapide bilan : plus de freins, les platines repose pieds sont là, le sélecteur est ok, le frein avant est ruiné, un peu de carénage cassé, je redémarre, ça marche, allez, go, retour au box pour réparer. Faire travailler les mécanos 15 minutes après le départ, c'est pas humain  ! ! ! Je n'ai même pas me temps de m'excuser auprès d'eux en entrant dans le box, que la mob est déjà auscultée de toute part. Les pièces de rechange encore sous plastique arrivent, sont changées, la moto est lavée et au bout d'une 15aine de minute elle est de nouveau prête à partir. J'enfourche et me promets de faire gaffe ... Mais sans molir quand même hein, on va pas cherche l'pain tout de même ! !

Près d'une heure s'écoule et mon, premier relai se termine. Retour au box, ravitaillement et Francois Retailleau, le second pilote part à son tour.

Le balais des ravitaillement se met en place gentiment heure après heure. La météo est particulièrement capricieuse et alterne entre mouillé franc, séchant, pour sec et de nouveau mouillé, ....

A tel point que vers 4h30 du matin, sous une pluie bien piégeuse, je commet la faute qui causera ma seconde chute : an fin de ligne droite des stands, au freinage de la chicane de la Dunlop, je rate un rapport au rétrogradage 6 --> 2 , je me retrouve dans un faux neutre et le frein avant encore légèrement appuyé ne fait qu'une bouchée de l'adhérence de mon pneu avant et en une fraction de seconde, la machine se couche instantanément sur le côté gauche, moi avec et nous voilà trous les deux en train de glisser copieusement sur une 20aine de mètre, je traverse la voie d'accès à la piste qui vient de la voie d'accélération des stands, et termine ma course sur le dos dans le bac à gravier ! Je relève la machine, examine une nouvelle fois les dégâts, pas trop de bobo : un sélecteur tordu et du carénage en lambeau ... Je remet en route, repart lentement sur la piste pour terminer mon tour et rentrer au Box. Immédiatement l'équipe remet tout en ordre et une 15aine de minutes après la machine est de nouveau prête à repartir, mon relai est terminé et Francois Retailleau par à son tour.

Jusque vers 8h30, nous poursuivons nos relais et c'est au tour de Laurent Yvin de se faire piéger au virage du raccordement avec la ligne droite des stands, vraisemblablement en raison d'une trace d'huile sur la piste car pas moins de 4 machines vont au tapis en quelques minutes. La machine n'est pas trop abîmée, mais Laurent se blesse à la main droite. Phalange de l'annulaire probablement fracturée ou, tout au moins avec un gentille entorse. Du coup, Frédéric Bricault, notre team Manager nous invite, Francois Retailleau et moi à enfiler les relais suivants à deux afin de ménager Laurent qui, au final reprendra un tout dernier relai, histoire de franchir le drapeau à damier au terme de ces 24heures. Ce qui fut di fut fait, Francois et moi enchainons les relais d'une heure environ. La météo devient plus clémente. C'est mieux, mais en même temps ça redevient plus physique car le rythme s'accélère de nouveau. C'est d'ailleurs incroyable de voir comment nos organismes sont capables de maintenir une telle vigilance après tant d'heures.

Toujours est-il que la matinée avance, la chaleur du soleil est la bienvenue, très vite la matinée se termine et nous prenons un vraie option pour le finish à 15h00.

Il est 14h30, Laurent Yvin se prépare pour ce qui sera le dernier relai de l'épreuve, souffrant de la main droite, mais tellement heureux de finir cette course qu'il part de bon coeur pour une 12aine de tours.

15h00, la Suzuki N°2 du SERT franchi la ligne d'arrivée, suivie de la seconde moto du même team : la Suzuki N° 1 et le chapelet de machines "survivantes" déboule dans la ligne droite sous un tonnerre d'applaudissements, de rugissements de moteurs, de burns-out, de wheelings en tous genres et Laurent Yvin franchi à son tour la ligne fatidique du finish.

L'ambiance est à son comble, les 20 personnes du team Fast endurance sont euphoriques sur le muret de chronométrage, heureux d'avoir mené toute cette petite troupe au terme de ce qui restera une bien belle expérience, d'une richesse rarement égalée tant d'un point de vue humain que d'un point de vue sportif.

Bien sûr, le résultat purement mathématique n'est pas extraordinaire, mais nous nous en satisfaisons grandement tant les incertitudes, les risques et les galères techniques ont été nombreuses. 35ème  sur 38 concurrents à l'arrivée c'est pas un gros score, mais bon, pour une première, je pense que chaque membre du team aurait signé samedi à 15h00 pour un tel résultat. Maintenant, nous savons de quoi il s'agit, nous connaissons les difficultés, les choses à réussir parfaitement pour performer.

Je profite de cette tribune pour adresser tous mes remerciements à chaque membre de cette équipe formidable.  de Fred le Kiné qui m'a passé ce coup de fil cet hiver, à Mathieu le super cuistot, à Greg, Rémi et les autres mécanos, aux épouses chronométreuses, à Alex importé directement du Team Techn 3 de MotoGP chez qui il officie en tant que responsable Communication et Internet et à tous les autres que j'oublie mais qui étaient là minutes après minutes. Merci infiniment.

Laurent. Humble conducteur de mobylette ;-) !